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Plan du chapitre 1

Symbolisme de Ganesh
Signification de Ganapati
L'éléphant et l'homme
Tu es Cela
Celui qui enlève les Obstacles
Les formes de Ganesh
La couleur de Ganesh
Les bras et mains de Ganesh
Les mudra
Les attributs ou emblèmes
La tête de Ganesh
La tête d'éléphant
La trompe
La défense brisée
Les oreilles
La coiffure
Le ventre et le torse de Ganesh

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Vers le chapitre 2

Vers le chapitre 3

Le symbolisme de Ganesh

Les qualités attribuées à Ganesh, telles que la capacité à écarter les obstacles, sont celles de l’éléphant. C’est en effet le seul animal de la création capable de balayer de sa masse énorme les obstacles qui entravent sa marche et, brisant à l’aide de sa trompe branches et racines ou déracinant les arbres, se fraie un chemin au creux des fourrés les plus épais, comme dans les forêts les plus impénétrables. L’éléphant est aussi reconnu par les hommes comme un animal pourvu d’intelligence, de sagesse et d’une mémoire prodigieuse.

La possession d’une tête d’éléphant a fait penser que Ganesh pourrait être une divinité antique d’origine dravidienne, probablement de nature solaire, vénérée par les populations aborigènes de l’Inde, ou bien encore une divinité totémique tardivement incorporée au Shivaïsme. Qu’il soit issu d’un fétichisme totémique ne serait d’ailleurs pas étonnant : les effigies primitives offertes à l’adoration des tribus affectent généralement des formes animales au nombre desquelles l’éléphant, admiré pour sa force et son intelligence.

L’origine modeste (tribale et totémique) de Ganesh se trouve peut-être confirmée par un vers attribué au législateur Manu (d’authenticité discutée) selon lequel les dieux seraient "affectés" aux quatre grandes castes : Shiva aux brâhmanes (les prêtres, intercesseurs des hommes auprès des dieux), Vishnu aux kshatriyas (les guerriers, les gouvernants, ceux qui ont le pouvoir temporel), Brahmâ aux vaishyas (les commerçants, ceux qui ont le pouvoir économique) et enfin Ganesh aux sudras (les agriculteurs, travailleurs qui n’ont que leurs bras).

La forme mi-humaine mi-animale de Ganesh est plutôt rare dans le panthéon des dieux de l’Inde. Certes, on connaît d’autres formes mixtes comme Varâha, l’avatar à tête de sanglier de Vishnu, Narasimha, un autre avatar de Vishnu à tête de lion, Hayagriva à tête de cheval, Vajravarahi à tête de laie, etc., ces deux derniers appartenant toutefois à la floraison exubérante du bouddhisme tibétain.

Mais ces formes divines à tête animale ne sont que des variations à partir d’une divinité principale; tandis que Ganesh ne possède pas d’autre représentation que celle avec une tête d’éléphant. Cette constance et cette singularité méritent d’être soulignés. Ils donnent quelque consistance à deux interprétations habituelles :

 Ganesh est un dieu rural, protecteur des moissons; subjuguant le rat qui lui est tout dévoué, il est censé l’empêcher de se multiplier à l’excès et de dévaster les récoltes. Pour maîtriser ce rat envahissant et proliférant, il faut vraiment un Dieu puissant, dont la symbolique de représentation suggère la force : quoi de mieux qu’un éléphant dont la patte peut écraser plusieurs rats d’un coup ?
 Ganesh est un Dieu protecteur du foyer; en tant que tel, on le rencontre d’ailleurs un peu partout. Une fois de plus, pour s’assurer d’une protection, mieux vaut un symbole de puissance paisible et bienveillante. On notera que Ganesh est souvent figuré avec une expression du regard très humaine, douce, pleine de malice et de bonté.

On pourrait, en revanche, se demander si, sous sa forme de Nritya Ganesh (Ganesh dansant), Ganesh n’est pas vraiment incongru; à part les animaux de cirque, et encore avec un résultat douteux, on ne voit pas comment ces postures sont possibles. Alors, pourquoi Ganesh danse-t-il ? On émettra quelques pistes de réflexion. Ganesh danse, dit-on habituellement, parce que c’est le chef des Gana, troupe céleste des serviteurs de Shiva et qu’il est "dans sa nature de Gana" de danser. Un peu court...Peut-être tout simplement danse-t-il parce que son illustre père est le Shiva Nâtarâja ou le Shiva Tandava, tout à tour créateur et destructeur ? Et que ce flot de création-destruction, cycle ininterrompu de la manifestation sans but, simple jeu (lîla) des dieux, le réjouit et que, comme tout enfant un peu espiègle, il s’amuse à faire comme son papa. Bien sûr, il est moins svelte, ce qui donne habituellement une certaine lourdeur pataude à son jeu (un auteur "ose" même écrire qu’il s’agit d’un "trépignement" plutôt que d’une danse...).

Pour A. Daniélou, Ganapati ou Ganesha est le Seigneur des Catégories, le Principe du Nombre. Tout ce que nos sens peuvent percevoir, ou notre esprit saisir peut être classé en des genres ou des catégories. Il est donc logique de considérer la catégorie comme un aspect, un principe fondamental de l’existence.

"Tout ce qui peut être compté ou classifié forme une catégorie (Gana)...le mot catégorie représente n’importe quelle collection de choses (Bhagavat Tattva). Le principe de toutes les classifications qui permettent d‘établir des rapports entre les différents ordres de choses, entre le macrocosme (brahmanda) et le microcosme (sukshmanda), est appelé le Seigneur des Catégories (Ganapati)".

Ganapati est le régent des catégories (Bhagavat Tattva). Il peut être identifié à la divinité dans sa manifestation perceptible.

"Je te salue, Seigneur des Catégories. Tu es la seule forme visible du Principe. Tu es le seul créateur, tu es le seul soutien, tu es le seul destructeur, tu es, sans erreur possible, le seul principe de toutes choses, le seul Soi véritable (Ganapati Upanishad, 2) ".

Ganapati est parfois identifié au grand-maître, Brîhaspati, le précepteur des Dieux, il est mentionné déjà dans le Rig Veda :
"Seigneur des Catégories, tu es le maître. Tu es le voyant des voyants. Ta richesse est sans égale. Tu es le Roi des Ancêtres. Ecoute et prends ta place [parmi nous] apportant avec toi tous les plaisirs" (Rig Veda, 2, 31, 1.). Cette identification a cependant été fortement contestée.

Pour les fidèles de la secte des Gânapatîya, Ganesh représente la divinité suprême. Il est l’un des cinq dieux du culte smârta. Plusieurs Purâna le placent au-dessus de la Trinité (Trimûrti).

Le Seigneur des Catégories est le patron des lettres et celui des écoles. Il est le scribe qui transcrivit les livres saints. "C’est toi, Chef des Catégories , qui transcrivis cet ouvrage" (Mahâbhârata, 1, 1, 77.). Les brâhmanes le reconnaissent comme dieu du savoir. Il est vénéré au début de chaque entreprise. Son image se trouve à l’entrée de toutes les maisons, de tous les sanctuaires.

Signification de Ganesh et de Ganapati

Le mot Ganesh vient de Gana qui désigne les petits génies (Gana), serviteurs de Shiva, dont les hordes désordonnées sèmeraient une joyeuse pagaille si l'autorité de Ganesh ne les disciplinait, et Isha, Maître, Seigneur (mot similaire à Ishvara).

Quant à Ganapati, c'est l'un des noms les plus usuels de Ganesh. Le mot Ganapati vient de Gana également et de pati, qui veut aussi dire maître (comme dans Pashupati un nom antique de Shiva qui signifie Maître des troupeaux (Pashu, qui ici, se rapporte aux hommes).

Mais Ganapati représente aussi l’un des concepts de base du symbolisme mythologique Hindou, l’identité du macrocosme et du microcosme ou, en termes religieux, la notion que l’homme est l’image du Divin. Les notions de la divinité de l’homme et de l’immanence du divin doivent être présentes dans notre esprit chaque fois que nous entreprenons quelque chose. C’est pourquoi Ganesh est salué le premier.

L’identité du macrocosme et du microcosme peut être observée dans la permanence de certaines relations qui forment le substrat de tous les aspects de l’Univers perceptible. Ces relations peuvent être exprimées par des nombres. C’est pourquoi le nombre paraît être l’élément commun de toutes les formes, l’élément qui unifie toutes les substances. Le principe du nombre qui s’exprime dans ce qui est dénombrable, les catégories, est antérieur, même à l’intellect qui fonctionne par catégories. "Le Seigneur des Catégories règne sur l’intellect universel, le Principe Transcendant (Mahat Tattva), ainsi que sur les principes des éléments (tattvas) qui en sont dérivés" (extrait de Bhagavat Tattva). C'est Ganapati que l'on désigne ici comme le Seigneur des Catégories.

L’éléphant et l’homme

Ganapati est représenté comme un être d'apparence humaine, mais avec une tête d’éléphant. Cet aspect double symbolise l’unité du petit être, le microcosme, c’est à dire l’homme, et du grand être, le macrocosme, qui est l’éléphant. Le mot homme (nara) est défini comme signifiant la "divinité qualifiée". Le microcosme est la progéniture de l’Etre Cosmique. "C’est pourquoi les êtres nés de l’homme universel sont connus des sages sous le nom d’hommes" ( Mahâbhârata, 5, 70, 10.).

Le mot éléphant (gaja) a comme sens symbolique "l’origine et la fin". Le stade atteint par le yogi dans son ultime expérience d’identification (samâdhi) est appelée la fin (ga); et le principe appelé (ja) est le Verbe, le principe duquel la syllabe-de-soumission AUM est issue par un processus de réflexion multiple. L’éléphant est donc le symbole du stade "d’où commence l’existence" et "d’où naît la syllabe AUM, A.U.M. [la loi de l’Univers], le Veda, et du Veda le monde".

La partie homme de Ganapati étant le principe manifesté, est inférieure au non-manifesté qui est l’éléphant. La partie d’éléphant est donc la tête.

Tu es cela

Selon la logique de notre monde, un homme ne peut pas être un éléphant; pourtant, du point de vue de la logique divine, il n’y a pas là d’impossibilité, car la divinité est ce en quoi les contraires coexistent. Ceci devient évident lorsque nous suivons les symboles jusqu’à leur sens essentiel. La formule sacrée qui représente sous une forme verbale le principe appelé Ganapati est "Tat tvam asi", "Tu es Cela". "Tu (toi, l’être vivant) es la forme visible de Cela (l’Essence divine)" ( Ganapati Upanishad; 2.).

Le pronom neutre tat (cela) représente "le principe transcendant et sans limites qui est vérité et connaissance" (Taittirîya âranyaka, 8, 1, 1) au-delà de tous les attributs. Le pronom tvam (tu) représente "le principe qualifié dont la forme est l’Univers". Le "toi" et le "cela" sont soudés en une entité indivisible par le troisième asi (es) c’est à dire l’existence.

L’existence humaine est la coordination de l’absolu et du relatif, du "cela" et de "toi". La connaissance véritable est la réalisation de cette relation.

L’image de Ganapati nous rappelle incessamment la réalité d’une identité apparemment impossible. L’homme est réellement l’image du Cosmos. Toutes les réalisations lui sont possibles sans sortir de lui-même. En étudiant ses impulsions intérieures et sa structure interne, il peut comprendre la nature de l’Univers.

Celui qui enlève les obstacles

Le Seigneur des catégories est le destructeur des obstacles. "Je salue le fils de Shiva qui personnifie le Dispensateur de Dons et le Destructeur des Obstacles". (Ganapati Upanishad, 15). Expliquant ce passage, Shankarâcharya dit : "C’est lui qui en donnant l’immortalité fait disparaître la crainte inhérente au temps et à la durée".

Dans le Skanda et le Mudgala Purâna se trouvent l’histoire du prince Agréable-à-Tous (Abhinandana) qui offrit de grands sacrifices aux dieux mais omit d’inviter Indra, le Roi du Ciel. Quand il entendit cela, Indra se mit en colère. Il fit venir le Temps, le Destructeur, et lui demanda de mettre fin au sacrifice. Le Temps prit alors la forme du génie Obstruction (Vighnâsura) et tua le prince Agréable-à-Tous. Ce génie erra par la suite par le monde, parfois visible, parfois invisible, fomentant le désordre dans tous les rites. Ne sachant que faire, Vasishtha et les autres Sages allèrent trouver le créateur Brahmâ pour demander sa protection. Brahmâ leur suggéra de prier le Seigneur des Catégories qui est au-delà du Temps que lui seul avait le pouvoir de dominer.

Vaincu par Ganesha, le génie Obstruction se mit sous sa protection et le servir fidèlement. C’est pourquoi Ganesh est aussi appelé Seigneur d’Obstruction (Vighnarâja). Si on entreprend quoi que ce soit sans prier et vénérer Ganesh, des obstacles sont certains d’apparaître. C’est pourquoi dans l’invocation préliminaire de tous les sacrifices (Punyâhavâchana) se trouvent toujours les mots : "Puissent les deux dieux Obstruction et son maître être satisfaits" (cité par J. Herbert).

On peut dire qu’ésotériquement, Ganesh joue deux rôles principaux, qui sont d’ailleurs logiquement complémentaires. D’une part il représente l’appel à la force spirituelle par opposition à la force physique, que représente son frère Skanda, l’autre fils de Shiva et de Pârvatî. Et d’autre part, il est en quelque sorte l’intercesseur auprès des autres dieux, car pour se confier à l’un quelconque d’entre eux, il faut en effet utiliser des aspirations spirituelles que l’on peut avoir et développer, plutôt qu’attendre des résultats d’efforts accomplis personnellement sur le plan matériel.

Un épisode mythique montre bien l’opposition entre ce que représentent respectivement Ganesha et Skanda. Leurs parents voulurent un jour les "marier", c’est à dire leur donner une Shakti, le pouvoir de se manifester. Mais Shiva voulut les soumettre à une épreuve pour savoir lequel des deux enfants aurait la primauté de manifestation, c’est à dire, en termes de mythologie, se marierait le premier. Pour cela, il leur demanda à tous deux de faire le "tour de la terre" (c'est à dire d’embrasser la totalité des manifestations terrestres et de les dominer) le plus vite possible. Skanda s’élança aussitôt de toute sa vitesse, tandis que Ganesh, sans hâte aucune, se mettait à tourner respectueusement autour de ses parents. Comme Shiva lui en demandait l’explication, il répondit : "Il est dit dans les Veda que celui qui honore ses parents en tournant sept fois autour d’eux a autant de mérite que celui qui a fait sept fois le tour de la terre". Et il fut déclaré vainqueur.

L'apparence physique de Ganesh est décrite dans la Ganapati Upanishad (11-14).

"Il n'a qu'une défense, mais quatre bras. Deux de ses mains tiennent un lacet et un crochet. Ses deux autres mains font le geste d'accorder des dons (varada don mudrâ geste symbolisant 
un pouvoir divin ) et d'éloigner la crainte (abhaya sans-peur mudrâ).

Il est accompagné d'une souris. Il est rouge et obèse, ses oreilles ont la forme de vans. Il est vêtu de rouge et tous ses membres sont couverts de pâte de santal rouge. Il est vénéré avec des fleurs rouges. Infaillible, charitable, il est l'origine des mondes. Il apparaît, au début de la création, seul, avant la Nature, avant la Personne-Cosmique le 
Purusha, l'Esprit, la Conscience Suprême ".

"Quiconque médite sur sa forme prend une place importante parmi les réintégrés" (cité par A. Danielou).

Les formes de Ganesh

La couleur de Ganesh

Les textes décrivent Ganesh comme étant de couleur rouge. C'est pourquoi beaucoup de Ganesh sont peints de couleurs vives, variant entre le rouge franc (27 ko), l'orangé du minium (21 ko) ou le rose chair (86 ko). Mais on connaît également des représentations de Ganesh noir (22 ko), bleu (14 ko), voire jaune (53 ko) .

Les noms de diverses variantes de Ganesh (variantes quant à l'aspect et aux fonctions assumées) sont spécifiques selon la couleur :
  Dvija Ganapati est dit de la couleur de la lune
  Dvimukha Ganapati serait bleu-vert,
  Dhoomravarna Ganapati aurait le corps couleur de fumée,
  Haridra Ganapati est jaune vif,
  Runamochana Ganapati est d'un blanc "semblable-au-cristal",
  Heramba Ganapati est vert sombre, etc.

Mais il n'existe pas forcément de correspondance entre la couleur de telle ou telle forme de Ganesh, telle qu'elle est perçue par des Sages, au cours d'une méditation profonde sur la divinité, et un objet d'artisanat dont la couleur est surtout fonction du matériau ou de l'imagination créatrice de l'artisan.

Dans certains cas, la couleur de la tête de Ganesh est différente de celle de son corps, par exemple la tête de couleur brique sur un corps de couleur chair (22 ko).

Les bras et mains de Ganesh et leurs attributs

Ganesh est généralement pourvu de quatre bras ((34 ko). Mais il peut aussi n'en avoir que deux (74 ko)ou, au contraire, six (23 ko), huit (42 ko), dix (19 ko), douze (32 ko), voire seize (30 ko).

Les rares Ganesh à deux bras sont d'une grande ancienneté (16 ko), bien que l'on en voit beaucoup dans l'artisanat actuel car, dès l'époque Gupta (5-8ème siècle), les statues connues de Ganesh sont souvent pourvues de quatre bras. La multiplicité des bras est précisément l'attribut iconographique qui différencie les divinités de la religion Hindouiste des innombrables figures accompagnatrices : Apsarâ nymphes nées du barattage de la mer de lait, Dvârapâla Demi-dieux gardiens des portes des sanctuaires, Devadâsî Danseuses consacrées des temples, Yaksha Génies des forêts etc., sculptées aux côtés des Dieux dans les grands temples. Cette caractéristique des figures divines, qui n'est cependant pas systématique, indique la Puissance du dieu.

Les formes de Ganesh à bras multiples (plus de quatre) sont souvent népalaises.

En tant que Roi de l'Univers, Ganapati (autre nom de Ganesh) a quatre bras car c'est lui qui créa les quatre sortes d'êtres, c'est lui aussi qui établit les quatre castes et révéla les quatre voies de la connaissance, les quatre Veda .

"Dans le ciel, cet enfant établira la prédominance des dieux, sur terre celle des hommes, dans le monde inférieur, celle des anti-dieux et des serpents. Ô prêtre, c'est par lui que se meuvent les quatre principes des éléments. Il a donc quatre bras. Il existe beaucoup de choses qui vont par quatre, c'est lui qui les a toutes établies".

Les quatre bras représentent les quatre outils du corps subtil, à savoir :

  manas Mental, plan de la pensé organisée,
  buddhi Sens de la Conscience,
  ahamkara Sens de l'ego, de la conscience de soi,
  chitta Conscience conditionnée par la réalité relative.

Ganesh représente la Pure Conscience, l'Atman qui fait que ces quatre outils peuvent fonctionner en nous.

Les mudrâ

La main qui donne, qui accorde des dons, ou varada mudrâ (28 ko) montre sa générosité envers ceux qui l'invoquent (dans la photo présentée, la main en varada mudra tient un mâlâ). La main qui éloigne la crainte et accorde la protection divine, ou abhaya mudrâ (17 ko) indique que Ganesh est au-delà de l'atteinte du temps et de la mort.

L'abhaya mudrâ représente la main paume ouverte vers l'avant, doigts pointés vers le haut. Le varada mudrâ représente la paume ouverte vers l'avant, doigts pointés vers le bas.

Dans le bouddhisme du Tibet se trouve la description d'un mudrâ spécifique à Ganesh.

Les attributs ou emblèmes

Les mains de Ganesh portent habituellement des objets que l'on désigne sous le nom d'attributs ou d'emblèmes.

Ce sont des objets porteurs d'une signification symbolique en rapport avec les pouvoirs ou fonctions du dieu. Certains de ces attributs peuvent également être considérés comme des armes, destinées à combattre des forces négatives ou des forces d'ignorance, symbolisées par les démons (Asura ).

Les écrits de la tradition conçoivent Ganesh à quatre bras arborant la défense, la hache, le lotus fermé et un bol rempli de friandises sucrées (modaka ).

D'autres ouvrages citent, par exemple, l'aiguillon (crochet à éléphant, le serpent, le trident (trishula ). Le Kâsyapa-Silpa mentionne le noeud coulant ou lasso ainsi que le mâlâ Chapelet de graines utilisé dans le japa, ou répétition des 
mantra, ou le serpent.

De temps à autre, Ganesh tient un fruit dans l'une de ses mains, par exemple la mangue (Srî Lankâ, Inde du sud), le citron, le fruit du jambosier.

Apparemment, les attributs les plus fréquemment utilisés sont :

La hache, le noeud coulant, le bol de friandises, l'aiguillon à éléphant, la défense cassée, le mâlâ

 La hache (parashu) est un attribut habituel de Ganesh (134 ko). Il la tient souvent dans sa main droite supérieure. La hache est héritée de Shiva et dévolue aux divinités Shivaïtes (sauf Parashurâma, avatar de Vishnu, qui précisément a reçu de Shiva une hache).

En sa qualité de "Seigneur des Obstacles", il est normal que Ganesh soit doté d'une arme puissante qui tranche et abat. La hache symbolise la destruction de tous les désirs et attachements, ainsi que de leurs conséquences, l'agitation et le chagrin.

 Ganesh tient un lasso ou noeud coulant (pasha) (32 ko) pour capturer l'erreur (moha ), l'ennemie des chercheurs de Vérité. Le noeud coulant signifie également l'attachement (raga), la servitude de l'âme, ainsi que l'ouïe. Comme le noeud, l'attachement nous lie. Cette corde permet au chercheur spirituel de se hisser au-delà de ses limitations humaines et le relie à la félicité éternelle de son propre Soi.

Ce noeud coulant est parfois interprété comme un petit serpent enroulé sur lui-même, que l'animal soit reconnaissable ou non.

 Son aiguillon ou crochet (ankusha) pour diriger les éléphants est le symbole de son empire sur le monde (69 ko). Ce crochet signifie également la colère (krodha). La colère nous blesse comme le crochet. L'ankusha représente aussi le toucher et par extension la connaissance supérieure qui permet l'affranchissement des passions.

 Le gâteau de friandise (modaka) est le plus célèbre et le plus constant des attributs de Ganesh (en Inde tout du moins). Tenu le plus souvent par la main gauche inférieure, soit directement soit dans une coupe, c'est un gâteau de riz à gros grumeaux; la trompe de Ganesh, lorsqu'elle est recourbée vers la gauche est en contact avec cette friandise dont on dit que Ganesh raffole. Le modaka, c'est la récompense joyeuse du chercheur de Vérité progressant sur le chemin spirituel.

Mais aussi, pour les dévots Gânapatîya adorateurs exclusifs du dieu Ganesh, les offrandes de modaka représentent les germes de tous les univers contenus dans l'énorme ventre de Ganesh. Enfin, pour le Padma-Purâna, les modaka seraient plutôt le symbole de la sagesse suprême (mahâbuddhi).

 La défense : dans la main droite du bas, Ganesh tient fréquemment un objet que l'on identifie comme sa défense de droite ou de gauche.

Avant le sixième siècle et à une époque plus récente, disons entre le 9 ème et le 12 ème siècles, on trouve, en particulier en Orissa et au Bengale, des exemples de représentations du dieu portant à l'évidence un radis ou un navet (moolakakanda, en fait un raifort), et on a pu supposer que la défense brisée dans la main droite de Ganesh n'était en fait que ce moolakakanda.

Des textes anciens comme le Yâjñavalkyasmrti disent en effet que le radis est un attribut approprié car c'était une offrande à Vinâyaka, tout comme l'étaient les friandises. Les Vinâyaka, petits génies anciens, d'abord démoniaques, puis tantriques, étaient censés se régaler de tubercules, comme le radis, mais aussi l'oignon et l'ail. De nombreuses controverses entre experts ont donc eu lieu quant à l'identification de l'attribut tenu par la main droite de Ganesh : défense brisée ou radis ?

Pour Brown (1992, p 194) les attributs tenus par la main droite inférieure des Ganesh Indiens primitifs (c'est à dire d'époque Gupta ou antérieure) ne sont ni systématiquement les mêmes ni d'ailleurs aisément identifiables. Dans certains cas même, les Ganesh les plus anciens de Mathurâ ne portent pas d'attributs. En tout état de cause, il n'y a aucune certitude que la défense brisée soit un attribut ancien classique. Divers experts se réfèrent à des textes :

  1. un texte du 5ème siècle, le Brhat Samhita, mentionne Ganesh portant un radis
  2. le Yâjñavalkyasmrti (aux environs de l'an 300 de notre ère) déclare que le radis est une offrande appropriée pour Vinâyaka, autre forme de Ganesh (pour plus d'infos sur le sujet, lire le chapitre sur les Vinâyaka).
  3. le Grhyasutra également indique le radis comme offrande

Par conséquent, dans un certain nombre de cas, il y lieu d'être attentif à propos de la soi-disant défense brisée. Dans d'autres cas, il n'y a aucun doute que l'attribut en question soit réellement un légume, compte tenu de sa forme. C'est en particulier le cas au Népal ( (51 ko).

 Et, dans un certain nombre de cas, le mâlâ : ou akshamâlâ à 50 graines de rudra , correspond aux 50 lettres de l'alphabet sanscrit et, par conséquent, symbolise le son et l'ouïe.

Ces attributs sont les plus usuels. Ils sont parfois difficiles à identifier sur les statues de pierre anciennes, ou les bronzes usés par les pûjâ Rituel de prières et d'offrandes aux dieux, surtout ceux des mains supérieures, à cause de l'usure ou des casses. Les haches peuvent alors ressembler à des bâtons ou à des massues de belle taille...

Les autres attributs sont :

 le lotus (92 ko) à peine ouvert, qui représente le but suprême de l'évolution humaine que Ganesh, en le montrant, propose à tous ses fidèles,
 le trident (127 ko), emblème classique du Dieu Shiva que son fils Ganesh (lire les légendes sur la naissance de Ganesh)
 le lotus bleu dressé (utpala ) associé à la lune,
 la grenade,
 le kamandalu (pot à eau lustrale),
 le luth (145 ko) ,
 des épis de riz,
 le foudre-vajra ,
 un livre (42 ko), etc.

Les formes ésotériques du dieu portent encore d'autres emblèmes tels que le vase à eau (kalasha ), le disque (chakra ), l'arc (dhanus )et la flèche (bâna).

La tête de Ganesh

La tête d'éléphant de Ganesh est, depuis les toutes premières représentations connues du dieu, sa caractéristique la plus constante. Elle est restée, au long des siècles, permanente et inchangée.

Les dieux hindous sont rarement figurés avec des têtes animales. Cependant, cette caractéristique se retrouve dans d'autres pays, Assur à tête d'oiseau à Babylone, Horus à tête de faucon et Anubis à tête de chacal en Egypte, Minos à tête de taureau en Crête, sans compter les déesses (Sekhmet à tête de lion, Hera à tête de vache).

Ganesh n'est normalement doté que d'une seule tête (quelquefois associée au lingam Shiva symbolisé par une pierre dressée de forme ovoïde, comme dans une représentation à l'Indian Museum de Calcutta.

Dans les représentations anciennes, on connaît, en Inde comme au Népal, des formes de Ganesh à plusieurs têtes. Cependant, elles ne se rencontrent que sur quelques miniatures et de rares statues.

En revanche, en artisanat moderne ou récent, il est assez fréquent de trouver des Ganesh, en bois, en pierre tendre (stéatite, serpentine) ou en bronze, dotés de trois ou cinq têtes . On les considère comme des formes tantriques puissantes. Ces têtes sont superposées en deux étages (19 ko), voire trois.

Dans certains cas, les différentes têtes sont représentées sur le même plan et vues de face (26 ko).

Les formes à deux têtes sont dites Dvimukha Ganesh. Ces deux têtes symbolisent les aspects microcosmiques et macrocosmiques connus dans la philosophie et la religion comme, respectivement, pindânda (ou sukshmânda) et brahmânda (immense oeuf cosmique d'or d'où tout provient). En effet, l'hindouisme ésotérique considère le corps humain comme une réplique du macrocosme, c'est à dire de l'Univers. Les mêmes forces sont à l'oeuvre et gouvernent les deux niveaux, ce qui a des conséquences sur les buts des pratiques yogiques.

Assimilables aux Dvimukha Ganesh sont les Ganesh doubles (20 ko).

Les Ganesh à trois têtes (Trimukha Ganesh) (48 ko) représentent les trois "états d'être", inhérents à toute manifestation, que l'on appelle les Guna Etat, 
qualité caractérisant toute chose, c'est à dire :

 râjas principe 
d'action, considéré comme positif au sens énergétique
 tamas principe 
d'inertie considéré comme négatif au sens 
énergétique
 sattva principe 
d'harmonie - équilibre, à mi-chemin entre les deux premiers .

Par exemple, chez l'homme, l'excès de tamas engendre dépression, mélancolie, l'excès de râjas engendre l'hyperactivité, la colère, l'avidité, etc.

Les Ganesh à quatre têtes (Chathurmukha Ganesh) peuvent être vus comme les aspects psychiques sous lesquels Brahmâ apparaît dans le monde ( d'ailleurs Brahmâ a très souvent quatre têtes) : ce sont manas , chitta , buddhi et ahamkara. Ce sont les mêmes désignations que celles indiquées pour les quatre bras...

Les Ganesh à cinq têtes, (Pañchamukha Ganesh) (45 ko) relativement courants alors que ceux à quatre têtes semblent exceptionnels, prêtent à de nombreuses interprétations, tant il est vrai que les séries de cinq sont fréquentes en matière ésotérique. Ils peuvent rappeler les cinq Maha Bhûta Les cinq Eléments : Eau, Terre, Feu, Air, Ether de la théorie des Tattva qui comporte 17 éléments constituant la Nature dans le Sâmkhya Un des six Darshana, caractérisé par le dualisme Purusha-Prakriti avec leurs organes correspondants.

Mais l'interprétation probablement la plus pertinente pour les Ganesh à cinq têtes est que ces têtes représentent les cinq kosha littrlt fourreaux : les divers corps, du grossier (matériel) au plus subtil dans l'anatomie subtile expérimentée par les yogi :

 annamaya kosha : le corps de chair, de matière
 pranamaya kosha : le corps du souffle ou encore corps d'énergie
 manomayakosha : le corps mental
 vighnânamayakosha : le corps de la Conscience supérieure
 anandamayakosha : le corps de Félicité.

La cinquième tête de Ganesh symbolise ainsi l'état le plus haut d'anandamayakosha. C'est encore Sat-Chit-Ananda , la Conscience Pure non qualifiée. Elle est située au-dessus des quatre autres têtes qui sont au même niveau, chacune étant orientée vers un point cardinal.

On trouvera exceptionnellement Ganesh à dix têtes (51 ko)

Les Ganesh népalais possèdent souvent plusieurs têtes, tout comme ils sont dotés d'une multitude de bras. L'influence de l'art tantrique du Vajrayana (forme tibétaine du Mahâyâna ) explique cette floraison et cette profusion ornementale. C'est au Népal, d'ailleurs, que se rencontre une forme tantrique menaçante à douze bras, cinq têtes, dansant dans une auréole de flammes, à l'instar d'autres divinités terrifiantes du Mahâyâna (Mahâkâla, Heramba, Hayagriva, etc. ).

Ganesh possède deux yeux, mais très souvent, le troisième est esquissé sur le front (36 ko), entre les sourcils. Une autre marque fréquente sur le front de Ganesh est le trident stylisé de Shiva. Sa forme simplifiée est assez semblable à un W majuscule (27 ko).

La trompe de Ganesh est généralement courbée, tordue (vaktra). Les textes disent :

"Tandis que la forme extérieure du monde semble intelligible pour l'esprit et la parole, le divin ne peut être directement approché; il est donc "tordu". On dit aussi que sa trompe est courbée parce qu'il contourne les obstacles".

Cette trompe de Ganapati est tantôt courbée vers la gauche (Idamburi Vinâyaka), plus rarement vers la droite (Valamburi Vinâyaka 31 ko), orientation considérée auspicieuse. Ces deux directions correspondent aux deux voies par lesquelles les obstacles peuvent être contournés et le but suprême atteint. Ces deux voies sont appelées la voie de la main droite et celle de la main gauche. Cette distinction s'applique aussi à la svastika dont les branches peuvent être courbées à droite ou à gauche.

Dans certains cas cependant, la trompe est complètement déroulée (28 ko) et s'étend sur le devant du corps; ou bien, au contraire, elle effectue une torsade, c'est à dire qu'elle est enroulée (13 ko) sur elle-même dans sa partie inférieure. L'extrémité de la trompe est le plus souvent plongée dans le bol (ou le plat) de friandises (modaka ). Mais lorsque la trompe est déroulée, l'instrument qu'elle tient est plutôt un pot de nectar.

La forme de la trompe recourbée suggère la représentation graphique du son AUM (=OM). C'est donc aussi une représentation d'Omkâra ou Prânava , le symbole de Brahman , l'Absolu. Ainsi, l'attribution d'une trompe à Ganapati est l'indication qu'il est Brahman lui-même. Que ce soit en sanscrit ou en tamoul, la manière dont OM est écrit rappelle en effet la trompe de l'éléphant ou le profil de la tête de cet animal.

Une autre façon de voir est suggérée par la trompe déroulée sur le devant du corps, figuration rare de Ganesh. Ainsi, l'orientation de la trompe représenterait l'action prédominante de l'un ou l'autre des Nadi Canal d'énergie subtile dans le corps principaux du corps :

 la trompe tournée vers la gauche symboliserait Ida Nadi Canal 
d'énergie moins entrant par la narine gauche en relation avec Tamas ,
 la trompe tournée vers la droite serait une figuration de Pingala Nadi , lié à Râjas Canal d'énergie plus entrant par la narine droite
 et la trompe déroulée sur toute sa longueur serait Sushumna Canal de l'énergie pure circulant le long de la colonne vertébrale en relation avec Sattva .

La trompe tournée vers la gauche touche fréquemment la friandise tenue dans la main ou contenue dans un plat (156 ko), implication du mental dans le sensoriel, alors que la trompe déroulée symbolise le parfait équilibre.

La défense brisée (74 ko)est l'une des caractéristiques les plus étranges de Ganesh. Et cette défense est le plus souvent tenue par la main droite. Les explications habituelles concernant la défense manquante de Ganesh restent curieuses, car les règles iconographiques traditionnelles (qui cherchent à transcrire la Perfection sur un plan visible) ne devraient pas accepter un être divin muni d'une seule défense.

Sens global

Autrefois les talismans d'ivoire étaient réputés pour conjurer le mauvais oeil et autres empêchements. La perte d'une défense signifiait peut-être que le dévot pouvait se voir transmettre la protection par une amulette d'ivoire. La défense peut aussi faire office de massue à lancer contre un ennemi (voir, à ce sujet les légendes qui concernent Ganesh)...

Il n'est pas exclu que la défense ait pu avoir des connotations en rapport avec l'agriculture, vu sa ressemblance avec une charrue...Cette association trouve quelque consistance dans les autres attributs "agraires" de Ganesh, comme la canne à sucre, la gerbe de blé et, plus tard, le gâteau de friandises fait de semoule et de sucre, qui est une offrande de la moisson.

On représente fréquemment Ganesh se servant de la défense brisée, pointe en bas, tenue dans sa main droite comme un instrument à écrire. On connaît d'ailleurs les images qui montrent Ganesh assis écrivant les Veda sous la dictée de Vyasa (29 ko) avec sa défense (voir les légendes ).

Une autre légende de Ganesh suggère que sa défense lui a servi d'arme.

Donc, trois interprétations de la défense brisée :

 c'est un outil d'écriture,
 c'est une arme,
 c'est une araire,
sans oublier le talisman d'ivoire, en vogue chez les tantriques...

Sens ésotérique

La légende rapportant que Ganesh brisa sa défense en luttant contre le démon Gajamukhâsura n'a pas d'autre sens : le démon, c'est le côté de l'égo ordinaire et en brisant la défense pour le supprimer, du même coup Ganesh atteint l'état du Un-sans-second (Advaita Advaita, doctrine enseignée par Shankara signifie "Non-dualisme").

Un autre mythe dit que Ganesh perdit une défense dans un combat contre Parashurâma; il utilisa ensuite cette défense comme plume pour écrire l'épopée du Mahâbhârata dictée par le sage Vyâsa. D'autres légendes encore voient Shiva ou d'autres divinités coupant la défense. Voir également la légende de Ganesh et de la lune.

Sens psychologique

Une explication moins symbolique et plus "psychanalytique" de la défense coupée fait appel au concept de mutilation ou de castration, en termes similaires à la décapitation mais, de même que pour la tête d'éléphant, ces explications reposent sur des mythes probablement créés pour expliquer un attribut déjà préexistant.

Les oreilles (19 ko) de Ganesh sont énormes, assez grandes pour écouter les supplications de chacun, mais, comme le van des moissonneurs, elles peuvent séparer ce qui est bon pour le suppliant de ce qui ne l'est pas. Il jette donc au vent la poussière du vice et de la vertu et seules les vertus réelles demeurent. De même, il peut distinguer dans les prières des hommes la vérité du mensonge, les paroles nées de la foi de celles qui sont entachées d'impiété.

"Car c'est seulement en vannant que le blé devient libre de poussière et tel que tout homme peut en faire sa nourriture. C'est pourquoi, très charmant, Celui qui néglige de vénérer les oreilles qui vannent ne découvrira jamais l'Absolu noyé dans les formes changeantes des apparences. Les hommes cherchent la protection des oreilles qui vannent et qui rejettent les impuretés de tout ce qui change, pour que le Grand-être puisse s'établir parmi eux et qu'ils puissent s'identifier à lui."

(cité dans Bhagavat Tattva, rapporté par Danielou)

La coiffure

La coiffure portée par Ganesh est très variée et de nombreux détails peuvent y être relevés. Parfois, c'est un jatâ-mukuta (25 ko), qui est une sorte de chignon .

Le karanda-mukuta (22 ko), haute couronne en tronc de cone à éléments étagés est plus commun. Dans certains cas, la coiffe est carrément conique (28 ko).

Dans d'autres cas encore, Ganesh porte une couronne à pointes (23 ko). Le kirîrita-mukuta (37 ko) est une couronne de joyaux.

Sur les Ganesh Népalais, on observe parfois une couronne faite de têtes de mort, symbole tantrique par excellence (photo , 60 ko). D'autres Ganesh de cette même région sont coiffés d'une haute couronne dont la forme rappelle, dit-celle d'une chaîne de montagnes (photo (37 ko)

Quant aux Ganesh anciens des premiers siècles, ils se contentent généralement d'un bandeau (27 ko) simple ou double, parfois décoré de clochettes, qui entoure les bosses frontales.

Le ventre et le torse

Le ventre de Ganesh est de proportions généreuses, souvent orné d'une ceinture faite d'un serpent (Cf. légende de Ganesh et de la Lune). Il porte aussi le cordon sacré des Brâhmanes (yajñopavita), fait soit de fil, soit également d'un serpent (25 ko).

Ganapati est obèse parce que la manifestation toute entière est contenue en lui. Lui-même n'est contenu dans rien.

"Il n'y a pas de doute que beaucoup d'univers immenses sont nés de son ventre"

(Bhagavat Tattva, cité par Danielou).

On souligne l'obésité du dieu sous sa forme de Lambodara. Pour les dévots Gânapatîya , qui font de Ganesh le Dieu suprême et le Maître de l'Univers, les friandises apportées en offrande sont vues comme les germes des myriades d'univers peuplés de créatures innombrables, et le ventre du dieu est immense qui contient en lui ces univers immenses et innombrables.

Ce ventre volumineux signifie aussi qu'un homme qui s'évertue à suivre un chemin de progrès spirituel, dans la recherche de la Vérité, peut ingurgiter et digérer toutes les expériences qu'il vit. La chaleur ou le froid, la guerre ou la paix, la naissance ou la mort, et tous les autres soucis et épreuves, ne l'abattent ni ne l'exaltent. Il conserve un maintien non affecté à travers tous ces changements. Au sens figuré, on représente cela comme la capacité à supporter et digérer tous les types d'expériences.

 

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