Questions d'un chrétien à un hindou

 

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Les questions-réponses ci-après sont le fruit d'échanges entre le Webmestre de ce site (Ganapati) et une étudiante. Nous les présentons car elles nous semblent représentatives d'interrogations que peuvent se poser des chrétiens par rapport aux valeurs et pratiques de l'hindouisme. Comme tout ce qui a trait à la religion des hindous, on se gardera de considérer les opinions exprimées comme définitives et complètes.

Quelles sont les valeurs les plus importantes qui sont enseignées dans votre religion?

L’enfant, puis l’adolescent, reçoivent un enseignement religieux dans lequel des points forts émergent :

 Responsabilité individuelle : chacun vient à la vie avec un dharma à accomplir. On accepte les données de sa destinée, et on fait pour le mieux dans le cadre que l’on a. Cela n’empêche aucunement de viser la réussite familiale, sociale, etc. L’hindou n’est pas fataliste, comme on l’entend parfois dire, il est réaliste
 Tolérance envers autrui
 Vénération des dieux, c’est à dire de la forme du Divin la plus proche du tempérament de chacun
 Respect des ancêtres et de sa propre culture.

Ces notions se retrouvent et sont développées plus loin. .

Croyez-vous en un seul Dieu, créateur du ciel et de la terre ?

Pour l’hindouisme, la notion de Dieu, en tant qu’Etre Suprême, créateur du ciel et de la terre, n’est pas une approche adéquate. La première raison est que cette formulation se réfère très explicitement à un concept chrétien. Dans l’hindouisme, la création, la conservation, la transformation par la destruction correspondent à des fonctions divines qu’assument les Grands Dieux, ou Forces Divines, nommées Brahmâ, Vishnu, et Shiva, respectivement. Mais création, conservation et transformation par la destruction ne sont pas des actes divins posés une fois pour toutes. Bien que les durées en soient infiniment longues, le processus est cyclique. De plus, Création pour un chrétien suppose un acte souverain ex nihilo. Rien de tel pour l’hindou. Entre deux cycles, l’Univers se résorbe en pralaya, on pourrait dire des Eaux Primordiales indifférenciées. Lorsque l’Univers parvient à se manifester (diverses approches explicatives existent qu’il serait trop long de détailler), c’est par un processus qui va du plus subtil au grossier. Autrement dit, l’Univers visible, matériel n’est que la dernière étape.

Bien qu’ils soient les Grands Dieux, Brahmâ, Vishnu et Shiva (la Trimûrti) ne constituent la Réalité Suprême que pour leurs fidèles respectifs (en fait seuls Vishnu et Shiva, car Brahmâ ne fait guère l’objet de cultes). On fera attention à ne surtout pas faire de parallélisme avec la trinité chrétienne, rien à voir. Donc au-delà de Brahmâ, Vishnu, Shiva, se situe une Réalité Suprême, dont on ne peut RIEN dire pour la définir, car elle englobe tout. On la nomme Brahman (neutre) et les Upanishad en disent que cette Vérité Fondamentale est “ Neti, neti ”, ce qui signifie : “ Ce n’est pas ceci et Ce n’est pas cela ”, pour exprimer notre incapacité fondamentale à appréhender le Divin Sans-Forme..

Bien entendu, il s’agit des concepts les plus abstrus du Vedanta et la religion quotidienne des gens est plus proche des gestes de dévotion envers tel ou tel dieu, par exemple Krishna ou Râma qui sont deux des avatars principaux de Vishnu. La question telle que vous la posez n’a donc pas de réponse.

Croyez-vous que des êtres spirituels existent?

Entendons-nous. Si vous voulez dire que des êtres humains peuvent avoir des niveaux spirituels plus affinés que d’autres, la réponse est évidemment oui. Il faut remettre cela dans la perspective que les hindous, contrairement aux chrétiens, croient, sans en faire un sujet de débat, tellement c’est évident, à la pluralité des vies. Il n’y a que par l’expérience que l’on peut progresser. Tout acte signifiant dans notre vie est porteur de karma (karma signifie acte, bon ou non). Et les empreintes karmiques modèlent nos futures vies. A ce stade, il faut préciser avec vigueur que les idées des occidentaux sur la réincarnation sont le plus souvent fausses. Beaucoup de gens, attachés à leur personne, leur ego, pensent “ je me réincarnerai ”. Non. Cela se réincarne, pas Mr. Untel, ou Mme Chose.

Si vous voulez parler des anges, non il n’existe pas d’anges dans l’hindouisme, car les anges chrétiens sont des protecteurs, des intercesseurs des humains. Dans l’hindouisme, il est fait mention de très nombreux êtres célestes, bons ou mauvais. Mais leur action supposée se situe dans le plan des Deva (les dieux). Certes, ils sont capables de perturber la marche des choses sur la Terre, ce qui oblige Vishnu à redescendre sous la forme de l’un de ses avatars afin de remettre de l’ordre. Remarquons que ces démons (Asura) sont le symbole de nos mauvais penchants.

Est-ce que vous croyez aux miracles ?

Non, en principe pas du tout. L’ensemble des Lois Cosmiques qui gouvernent le Karma excluent des fantaisies arbitraires qu’un démiurge se permettrait pour satisfaire on ne sait quoi. Néanmoins, les gens du peuple ont tendance à croire aux miracles dans toutes les religions et sous toutes les latitudes. Il y a quelques années, une histoire a fait, grâce à Internet, le tour du monde en quelques heures. D’innombrables personnes ont certifié que ce jour-là, les statues du dieu Ganesh buvaient du lait…

Est-ce que vous croyez en Jésus? Comment le percevez-vous ?

Jésus est parfois considéré par les hindous comme l’un des dix avatars principaux du dieu Vishnu, c’est à dire la Fonction Divine de maintenance et protection de l’Univers manifesté. En tout état de cause, il est au moins considéré comme un saint homme et un prophète habité par l’Esprit.

Qu’est-ce que vous pensez de la religion chrétienne et des chrétiens ?

On perçoit de ce qui précède qu’un profond fossé culturel sépare la religion chrétienne des hindous. N’oublions pas deux choses : (1) l’hindouisme plonge ses racines dans les profondeurs du temps, au moins quatre à cinq mille ans, il n’attend donc aucune révélation venue de l’extérieur; (2) les chrétiens et les musulmans se sont comportés pendant des siècles comme des conquérants apportant la “ bonne parole ” ou “ la vraie foi ” à des soit disant païens, tout en détruisant et massacrant massivement.

Je rappelle que lorsque les Portugais sont arrivés en 1498 sur les Côtes du Malabar, les militaires étaient accompagnés de Jésuites et autres ecclésiastiques qui furent surpris de constater qu’existait un christianisme local datant des débuts de notre ère (l’apôtre Thomas serait venu et mort en ces contrées). Ce christianisme local s’était développé selon des rites syriaques (ressemblant à ceux pratiqués au Moyen-Orient, en Syrie et Irak). Que croyez vous qu’il arriva ? Ces chrétiens autochtones furent largement massacrés et les survivants convertis de force, car ils étaient hérétiques selon la doctrine Romaine…

Quant aux conquêtes musulmanes, elles s'accompagnèrent, pendant plusieurs siècles, de massacres de grande envergure que les spécialistes estiment à plusieurs dizaines de millions de personnes.

Néanmoins, les hindous, qui de nature ne sont pas spécialement vindicatifs, et surtout pas prosélytes, considèrent généralement le christianisme comme une belle religion dans laquelle la compassion est une valeur forte et positive. Cependant, ils n’aiment pas du tout les nouveaux missionnaires, de sectes américaines par exemple, qui poursuivent, hélas avec quelque succès, des politiques de conversion contre de l’argent ou des aides diverses, en s’adressant aux couches les plus pauvres de la population.

La Bible est le livre sacré du christianisme, qu’en pensez-vous et comment le considérez-vous ?

Les hindous fondent leurs croyances religieuses sur l’autorité incontestable des Veda (au nombre de quatre). De plus, les ouvrages les plus connus en Inde sont le Râmâyana, qui conte la vie du Dieu Râma et le Mahâbhârata, dans lequel le dieu Krishna joue un rôle essentiel. Le corpus des livres importants est tellement colossal, que les hindous, hormis quelques personnes cultivées ayant reçu une éducation occidentale, ne voient aucun intérêt à la Bible en tant que source d'inspiration spirituelle.

Est-ce que vous croyez à la vie après la mort ?

Revoir plus haut, ce que l’on dit de la réincarnation. Il n’y a pas de vie après la mort au sens où les chrétiens l’entendent. L’hindouisme n’a pas de doctrine unique sur la question s’il existe ou non une âme. En tout cas, si elle existe, ce n’est pas la même notion que celle qu’en ont les chrétiens. On a évoqué plus haut la notion de Brahman. On dit qu’au niveau de l’être humain, l’équivalent est l’Atman, et les livres sacrés (Upanishads en l’occurrence) posent l’équation Atman=Brahman. Il n’existe aucune différence de nature entre la Réalité Ultime au niveau humain et la Réalité Ultime au niveau cosmique. On voit donc qu’il est tout à fait inadéquat de traduire le terme Atman par âme. Beaucoup de gens font l’erreur. Pourquoi ? En occident, on a tendance à penser que l’âme est un petit quelque chose d’éternel en nous, qui nous survit pour s’affiner progressivement au contact de la Puissance Divine et par sa grâce. Pour l’hindou, ce concept correspond à ahamkara, c’est à dire l’ego, un composé de pensées, pulsions, désirs, angoisses tout à fait fugace et surtout pas éternel, pour la bonne raison qu’il est illusoire.

Donc après la mort, le principe de conscience survit, se fonde dans le courant universel de vie et reprendra ultérieurement une nouvelle forme, se chargeant auparavant des graines karmiques (samskara) qui lui permettront de revivre une nouvelle expérience de vie conséquente avec ce qui a précédé. Il découle de cette vision des choses que chacun est responsable de lui et de ce qu’il fait au cours de sa vie.

Que pensez vous du concept de l’évolution ?

On en a parlé juste avant.

Comment la mort affecte-t-elle vos vies, et comment la voyez-vous ?

Idem. La mort est un passage. Une expérience de vie s’achève, après un long moment ou au contraire beaucoup trop vite à ce qu’il nous semble, mais il n’y a nulle part d’injustice à la mort. Phénomène normal et inévitable, c’est la seule certitude dans la vie d’un homme. En toute bonne logique, la mort ne devrait pas affecter la vie de quiconque. Dans la pratique, ce n’est pas aussi clair, car il est évident qu’une mère hindoue qui perd son enfant souffre autant et pleure autant qu’une chrétienne… Il est toujours difficile de ne pas voir les sentiments interférer.

Comment voyez-vous le péché ?

La notion de péché, telle qu'elle est enseignée (ou comprise) dans le christianisme, crée une situation culpabilisante et le plus souvent paralysante. Pour un hindou, il est nécessaire et suffisant de développer la claire compréhension de ses erreurs. En effet, les erreurs (si on veut appeler cela des péchés pourquoi pas) graves génèrent des karma dont on subira les conséquences. La pratique bien facile de l’absolution n’existe pas.

Croyez-vous au sacrement du pardon ?

Non, évidemment, on vient de voir pourquoi.

Est-ce que vous croyez à un endroit physique appelé enfer ou paradis ?

Les enfers sont représentés dans des peintures murales bouddhiques ou jaines. Dans l’hindouisme, la notion d’enfer n’est pas précisée. L’enfer, c’est un état généré par des karmas abominablement mauvais qui font que les conditions des incarnations futures en seront lourdement marquées. Il n’y a donc pas d’enfer au sens chrétien. Quant à la notion d’un enfer (ou d’un paradis, c’est pareil) qui serait un endroit physique, je me demande s’il existe encore des chrétiens assez naïfs pour y croire.

Qu’est-ce qui vous pousse à vous comporter moralement et de façon responsable ?

Très certainement les prédispositions (samskara) provenant des expériences antérieures. Mais il serait erroné de croire que c’est une détermination absolument rigide. Les conditions dans lesquelles se déroule la présente vie (parents, environnement social, éducation, circonstances extérieures sur lesquelles on n’a pas de prise, etc.) ne sont pas neutres dans la manière dont chacun mène sa vie. Autrement dit, responsabilité individuelle, toujours, mais il est plus ou moins difficile pour chacun de suivre son swadharma, c’est à dire d’accomplir ce pourquoi il est venu.

Quelle est votre attitude envers les femmes et les minorités ?

Il convient de distinguer ce qu’enseigne la Tradition, d’une part, et les réalités sociales, d’autre part, qui n’en sont malheureusement pas toujours un reflet fidèle. L’attitude hindoue envers les femmes, selon les Textes, doit être de la considérer comme la déesse elle-même, la Puissance Divine qui donne, qui transmet la vie. On retrouve cette vénération dans le respect dont bénéficie la femme mariée, qui reste toute puissante dans son foyer, pour l’éducation des petits enfants…

Hélas, les pratiques sociales vont souvent aux antipodes de ces bons principes. Les femmes assassinées (souvent par le feu mis dans la cuisine), pour de sordides histoires de dot, ne sont pas rares. De même, on ne soulignera jamais assez le sort odieux fait aux veuves qui, du jour du décès du mari, ne sont plus rien sur le plan social.

Les minorités sont respectées, pour autant qu’elles ne soient pas agressives. Mais on sait que les hindous ont souvent tendance à vivre au sein de leur communauté professionnelle (ce que l'on appelle commodément caste), sans trop se préoccuper de leurs voisins appartenant à d'autres communautés, soit de caste, soit de religion.

Le prosélytisme chrétien ou musulman est très mal toléré.

Est-ce que vous croyez que la religion hindouiste soit la seule vraie religion ?

Surtout pas ! Cette prétention à l’hégémonie et au “dieu unique” est bien caractéristique des religions qui se proclament “révélées” (comme si toutes les religions n'étaient pas révélées), c’est à dire les monothéismes judaïque, chrétien et musulman. Il est très fréquent, en Inde, de voir des hindous venir dans des lieux sacrés du bouddhisme ou des jains. Ou des églises, évidemment. L’extrême diversité des branches, dans ce que les occidentaux appellent l’hindouisme (les Indiens n’utilisent pas ce terme, mais le Sanatana Dharma = la Loi Cosmique Eternelle), permet à chacun de trouver des manières d’exprimer son sens religieux. Les hindous n’ont pas d’équivalent à l’excommunication ou au djihad.

En général, comment caractériseriez-vous votre religion ?

Englobante, tolérante. On pourrait aisément citer des exemples multiples d’absence de tolérance ou d’affrontements interreligieux, mais ils n’affectent les hindous qu’à la marge.

Quand vous avez besoin de soutien moral, vers qui ou quoi vous tournez-vous ?

Le soutien moral reste évidemment dans la prière. Mais la prière est une manière d’externaliser un problème personnel pour appeler à l’aide une puissance extérieure à soi. Sous cette forme, la prière ne constitue pas une solution spécifiquement hindoue mais un appel universellement pratiqué par tous les êtres qui souffrent.

Les hindous sont davantage caractérisés par la croyance en la puissance du rite. Le rite (pûjâ) consiste en des oblations (offrandes de fleurs, de fruits, de feu, de lait, de nourriture, etc.) aux images divines (murtî), et des récitations de mantra sanscrits. Beaucoup de maîtres de maison n’ont pas les compétences pour ce faire et font appel aux spécialistes de ces questions que sont des brahmanes formés. Les rites, répétons-le, sont des occasions de contacts avec les Puissances Supérieures. Bien entendu, des pûjâ peuvent aussi avoir pour but de demander que les circonstances soient favorables pour que telle ou telle chose se produise, ou ne se produise pas.

Au-dessus du rite, et pour les gens qui en ont la formation, la pratique de la méditation reste la voie royale. La méditation yoguique est bien différente de la contemplation monastique chrétienne classique, et il est tout à fait intéressant que des moines de nos contrées s'initient à la méditation selon les méthodes du Yoga.

Comment votre religion se distingue-t-elle des autres religions ?

Revoir ce qui précède, il y a suffisamment d’éléments pour voir en quoi c’est différent.

Quelles sont les cérémonies qui font partie de votre tradition, par exemple, la naissance, le mariage, la mort ...?

Les cérémonies sont très nombreuses et toutes les étapes de la vie sont jalonnées par des rituels plus ou moins complexes dont l’exécution est confiée à des prêtres brahmanes.

Même avant que l’on ait coupé le cordon ombilical, le père de l’enfant, tout en récitant les formules appropriées (ou en se faisant aider d’un brahmane qui les connaît) pour la santé et la prospérité du bébé, touche les lèvres, les oreilles et les épaules de celui-ci avec une cuillère d’or ou d’argent. Du ghee (beurre clarifié fondu) est également versé dans sa bouche. Ce rituel s’appelle jâtakarman. Le namakarana est une autre cérémonie, une douzaine de jours après la naissance, au cours de laquelle on donne son nom à l'enfant. Puis viendront l’annaprashana ou cérémonie du sevrage, le chudakaranam, entre le troisième et le cinquième anniversaire, lorsque l'on coupe les cheveux de l'enfant pour la première fois, ne lui laissant qu'une touffe de cheveux sur le haut du crâne, l'upanâyâna, rite très important, après quelques années de prise en charge de l'enfant par un maître spirituel (guru) pour lui inculquer les éléments d'éducation sacrée (essentiellement les rituels dont il aura besoin comme adulte). C'est alors que l'enfant reçoit le cordon sacré (yajñopavita) qui marque sa deuxième naissance. L'âge de l'upanâyâna dépend de la caste, etc.

Si de nouveaux membres veulent se joindre, avez-vous une cérémonie d’installation ?

Non seulement les hindous ne font pas de prosélytisme, mais en principe la conversion à l’hindouisme d’un étranger est proscrite. On naît hindou, de plein droit, on ne le devient pas. Cette règle ancienne a un peu évolué depuis quelques décennies grâce à quelques guru (maîtres spirituels) pour répondre à des demandes de disciples occidentaux.

Après la mort d’une personne, acceptez-vous la crémation ?

La crémation est le seul mode de cérémonie après la mort de quelqu’un. L’idéal est une crémation sur les bords du Gange, à Varanasi. C’est le fils aîné qui doit procéder à l’allumage du bûcher funéraire. Diverses essences de bois sont employées, en partie le santal lorsqu’on en a les moyens (ce bois précieux et rare coûte très cher). Cependant, lorsqu’il s’agit de Yogi avancés, l’inhumation peut être pratiquée.

Dans les cours d’enseignement religieux, qu’apprennent les enfants ?

Essentiellement, ils lisent (ou on leur conte depuis le plus jeune âge) les grandes épopées du Râmayana et du Mahâbhârata. Dès qu’ils comprennent un peu mieux, ils peuvent étudier les enseignements spirituels de la Bhagavad-Gîtâ (Le Chant du Bienheureux Seigneur), l’un des Livres du Mahâbharata, que d’aucuns ont bien voulu considérer comme la Bible des hindous…

Quels sont les symboles affichés dans vos lieux religieux, comme dans les églises ?

La partie la plus sacrée d’un temple (la garbha-griha, ou “ maison-matrice ”) est le lieu ou réside la Divinité, le Lingam s’il s’agit de Shiva, une statue de Vishnu si c’est un temple consacré à Vishnu, etc. Personne, normalement, ne pénètre dans le sanctuaire, sauf les prêtres en charge des rituels. Dans les autres parties du temple, à l’intérieur comme à l’extérieur, les images divines et de nombreux personnages divins secondaires sont profusément représentés en statues de pierre. Les peintures murales sont plus rares mais connues dans certains temples.

Est-ce que vous vous efforcez de convertir les gens, et si oui, comment ?

Non, pas du tout, quelle horreur, on voit ce que ça donne dans le monde…

N’importe qui peut-il se joindre à votre religion ?

Question déjà abordée plus haut

Quelle est l’opinion religieuse sur l’avortement ?

L’hindouisme n’est pas une religion avec une structure “centralisée” comme, par exemple, le catholicisme. Il n’existe pas d’autorité en charge de décréter ce qu’il est licite ou non de faire. Donc personne ne dit à un hindou “ta religion t'interdit telle ou telle chose”. C’est une affaire de conscience personnelle. Sans aucun doute, les avortements par les plantes sont pratiqués de longue date, de même, hélas, que les infanticides (de filles surtout) ont pu l’être dans les classes rurales les plus pauvres. Néanmoins, l’enfant, le garçon surtout, est perçu comme la continuation du lignage. Il s’inscrit dans une continuité qui est le fondement même de la vie et de la société. L’homme adulte étant responsable financièrement et moralement de ses parents, la venue d’un nouvel enfant est aussi la garantie que quelqu’un s’occupera de vous dans vos vieux jours.

Pouvez-vous nommer certaines personnes célèbres qui font partie de l’hindouisme ?

Il n’y a que l’embarras du choix, ne serait-ce que parmi les Maîtres Spirituels. Par exemple : Ramakrishna, Aurobindo, Vivekananda, Ramdas, Ramana Maharshi, Ma Ananda Moyi, Muktananda, etc…

Pouvez-vous nommer les cinq divinités de votre religion avec une courte explication ?

Allez lire le chapitre sur les généralités de ce site, en attendant la mise en ligne d'un nouveau site qui sera consacré à tous les grands dieux et déesses de l'hindouisme !!

Pouvez-vous nommer vos fêtes religieuses les plus importantes ainsi que les dates ?

Elles sont vraiment nombreuses. On se limitera à citer : Dîpavalî, la Fête des Lumières (grosso modo en octobre), Shivarâtri, en l’honneur de Shiva, en février/mars, Dashaharâ(Dusserah) en l'honneur de la déesse Durga, en septembre-octobre, à la fin de la fête des neuf jours (Navarâtrî), Ganesha Chaturthi, en l’honneur de Ganesh, pendant le mois de Bhâdrapada (fin août-début septembre), Bhaishâki, fête du printemps, ou premier jour de l'année solaire hindoue, en avril-mai, Pongal, la fête des moissons, dans le Sud, en janvier, Tîj à Jaipur (Rajasthan), fête de la déesse Pârvatî au mois de Shrâvana (août), Gangaur, en l’honneur de la déesse Gaurî, fêtée au Rajasthan au mois de Chaitra (avril), etc. On notera aussi que les grands temples ont tous une fête annuelle.

Est-ce que la politique joue un certain rôle au sein de votre religion ?

Non. Par contre, la religion est au cœur de la politique.

Votre religion accepte certains rites sexuels tels que le kama-sutra et le tantrisme. Qu’en pensez-vous ?

Le Kama Sutra est un ouvrage d’éducation sexuelle qui fut rédigé à l’usage des gens de la noblesse, pourrait-on dire. Le Tantrisme, qu’il serait beaucoup trop long de développer ici, est un ensemble de techniques réservées à des pratiquants expérimentés qui suivent des ascèses difficiles, sous la direction de Maîtres qualifiés. Ce n’est en aucun cas la débauche sexuelle comme certains l’imaginent en occident. Pour le commun des mortels, le tantrisme est plus dangereux que recommandé. C’est pourquoi les brahmanes estiment que le tantrisme est un dévoiement de l’hindouisme qui serait apparu au début du premier millénaire. En réalité, il s’agit d’un ensemble de concepts et de pratiques dont l’origine se perd dans la nuit des temps. Mais il y eut effectivement des sectes orgiaques à certaines époques qui se réclamaient du tantrisme… Il est donc tout à fait inexact de postuler dans votre question “ Votre religion accepte certains rites sexuels tels que le kama-sutra et le tantrisme ”.

Lors de vos rites d’adoration, quels genres de chants et d’instruments sont utilisés ?

Le chant n’est généralement pas inclus lors des rituels dans les temples. Il s’agit de la récitation de mantra en sanscrit qui, pour l’essentiel, glorifient tout au long de litanies très longues (exemple les Sahasranama, 1008 noms d’une divinité) le Divin sous tel ou tel aspect. Lors des rituels des temples, des servants utilisent des tambours, des gongs, des cymbales de fer, tous instruments extrêmement bruyants qui ont pour but d’attirer l’attention de la divinité.

Mais par ailleurs, les chants d’inspiration religieuse sont extrêmement répandus, sous le terme de bhajan. Généralement, les bhajan sont pratiqués en petits groupes, sous la conduite d’un guru chanteur(se)/musicien(ne) au cours de séances que l’on nomme des kîrtan. L’instrument guide des chants est un petit harmonium à soufflet.

Est-ce que vous passez beaucoup de temps à prier ? Environ combien de temps par jour ?

Voir ce qui expliqué plus haut concernant la prière. L’hindou est pieux et se rend au temple fréquemment, en tout cas tôt le matin avant de partir au travail. Il ne va pas au temple pour prier mais pour assister éventuellement à l’un des nombreux rituels quotidiens que les pûjarî (prêtres brahmanes en charge de mener les rituels) exécutent tout au long de la journée à des moments déterminés. Il fait une offrande (une fleur, une piécette) et reçoit un peu d’eau lustrale et de cendre sacrée. Le plus important est d’avoir le darshan de la divinité. Le darshan est cet acte de voir l’image divine et que l’image divine voit également la personne qui lui rend hommage. C’est donc un échange par le regard, échange nécessaire et suffisant.

Quelles sortes d’offrandes offrez-vous à vos dieux ?

On l’a dit : fleurs, fruits, argent.

 

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